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Une petite leçon d’histoire !
Dans le Logeois de Mai-Juin 2018 un article intitulé « Fête de l’armistice » en a surpris quelques-uns : le 8 mai 1918, il n’y a pas eu d’armistice mais une capitulation sans conditions. Or il y a des différences importantes entre les deux ; il s’agit donc de les préciser et d’en comprendre la signification en les replaçant dans leur contexte respectif.
La rédaction du Logeois s’excuse de cette inexactitude…
Un armistice est une convention signée par deux gouvernements comportant un certain nombre de clauses ; par exemple en 1918 l’évacuation des territoires occupés de l’Alsace-Lorraine, ou la restitution des prisonniers de guerre.
Un armistice met fin aux combats : le mot vient du latin, de
-arma : les armes
et stare : se tenir tranquille. « Que les armes se tiennent tranquilles »
Plus tard seront signés le ou les traités de paix. En 1918 par exemple, le traité de Versailles entre l’Allemagne et la France, dans la galerie des glaces du château.
Une capitulation est une décision militaire : une armée reconnaît sa défaite et se rend au vainqueur. C’est le vainqueur qui gouvernera provisoirement le pays.
Or dès février 1945, à la conférence de Yalta, les alliés représentés par Churchill, Roosevelt et Staline prirent la décision de ne pas accepter de signer un armistice, mais d’envahir complètement l’Allemagne, et d’aller jusqu’à la capitulation sans conditions.
Pour comprendre cette détermination, il faut remonter justement à l’armistice du 11 novembre 1918 et à ses conséquences. Lorsque l’armistice est signé le 11 novembre à Rethondes dans le wagon du Maréchal Foch, l’Allemagne est en pleine révolution depuis le 9 novembre. L’empereur Guillaume II a abdiqué, le chancelier a démissionné, la république a été proclamée. Les militaires et les partis nationalistes allemands utiliseront cette situation pour accréditer la légende du « Coup de poignard dans le dos », selon laquelle l’Allemagne invaincue n’avait déposé les armes qu’en raison de la trahison de l’intérieur. En effet c’est le gouvernement de cette toute nouvelle république qui a signé l’armistice. Appelée par la suite république de Weimar, elle en restera discréditée et affaiblie. Les mouvements d’extrême-droite nationalistes et le nazisme profiteront de cette faiblesse pour s’imposer et la république tombera avec la prise du pouvoir d’Hitler en 1933.
Ainsi le 8 mai 1945 fut signée la capitulation sans conditions de l’Allemagne. Conformément aux décisions prises à Yalta, l’Allemagne fut totalement occupée et divisée en quatre zones d’occupation (RUSSIE, ETATS-UNIS, ANGLETERRE, FRANCE), permettant de commencer sa reconstruction et sa réorganisation et pour qu’elle puisse repartir sur des bases complètement nouvelles.
Jean-Cosme RIVIERE
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